EXTRAITS DU MAGAZINE DU MOIS
Amélie Mauresmo : Avec mon meilleur souvenirSa place était telle, dans le tennis féminin français, qu’elle laisse comme une impression de grand vide. Difficile pour les autres, quelles que soient leurs qualités, d’assurer le relais. Amélie Mauresmo a tout simplement le plus beau palmarès de notre tennis, hommes et femmes confondus, depuis l’époque de Suzanne Lenglen et des fameux Mousquetaires, c’est-à-dire depuis les années 1920-30, cette époque d’un autre temps qui a fait la gloire du tennis français, et qui fait toujours sa fortune aujourd’hui, grâce à Roland Garros.
Il n‘y avait plus eu de numéro un mondial(e) français(e) depuis, ni de gagnante à Wimbledon : c’est dire la championne exceptionnelle qu’a été Amélie, puisqu’il faut bien désormais parler au passé, depuis ce jeudi 3 décembre où elle a annoncé, les larmes aux yeux, lors d’une conférence de presse organisée dans un restaurant d’Issy-les-Moulineaux, qu’elle mettait un terme à sa carrière.
Comme nous vous l’avions promis dans notre précédent numéro, « bouclé » au lendemain de sa décision, et qui avait donc seulement pu en rendre compte, Tennis Magazine revient largement sur cette fabuleuse carrière.
Avec une témoin particulièrement bien placée pour en parler : Amélie elle-même, qui a eu la gentillesse de nous rendre visite afin d’évoquer avec nous les moments les plus forts, mais aussi les plus douloureux, les personnes qui ont le plus compté pour elle, ses adversaires « préférées », et son avenir.
Un témoignage qui est une sorte de « testament », si l’on veut bien admettre l’expression « petite mort » pour traduire ce que peut représenter une fin de carrière pour des champions de cette dimension.
Merci à Amélie d’être venue jusqu’à nous – jusqu’à vous – pour retracer ces étapes d’un itinéraire hors du commun. Merci surtout à Amélie d’avoir tant apporté au tennis français, d’avoir été une championne exemplaire, respectée de tous, d’être allée au bout de son destin. D’être une femme aux valeurs affirmées, une forte personnalité, comme on dit, sans avoir rien perdu de son naturel, et de sa simplicité.
Merci, et au revoir, puisqu’ Amélie aime trop le tennis pour ne pas continuer d’en arpenter les allées. Et pour ne pas lui apporter davantage encore.
Suite dans le n°406...

Et soudain, alors que le crépuscule de Melbourne jetait ses derniers rayons rosés au travers d’un toit à demi-clos, il n’y eut rien d’autre à faire que s’asseoir, se taire et contempler. Admirer l’œuvre d’un génie aux confins de son art, tracer des lignes, tirer des courbes, dessiner des arabesques, inventer des trajectoires, calligraphier l’espace…
Roger Federer était en plein « travail ». Cette victoire, sa 16e en Grand Chelem, sa première en Australie depuis trois ans, il tenait à la broder dans le meilleur tissu. Aussi, grâce soit rendue à Andy Murray, finaliste magnifique, bien plus valeureux qu’il ne l’avait été lors de l’US Open 2008 pour sa première finale majeure, d’avoir su forcer le maître à tirer la quintessence de son génie. Car ce fut magnifique.
De tous les joueurs du circuit, Murray est peut-être le seul actuellement à être capable, sinon de surpasser, du moins de rivaliser avec Federer dans le maniement pur de la raquette, là où d’autres, comme Nadal ou Del Potro, choisissent plutôt le passage en force. Et à défaut de devenir le premier Britannique à remporter un tournoi du Grand Chelem depuis… non pas « 150 000 ans », pour reprendre une plaisanterie de Federer lui-même, mais tout de même depuis bientôt 74 ans et le succès de Fred Perry à l’US Open en 1936, l’Ecossais a au moins, c’est une certitude, gagné le respect du n°1 mondial. On disait les deux hommes un peu en froid. Mais après un tel match, il n’y avait plus entre eux que de la complicité, et même de l’admiration, au moment d’une cérémonie protocolaire où Murray brisa son masque pour laisser échapper quelques sanglots, révélant une facette qu’on ne lui connaissait pas.
Suite dans le n°406...




