EXTRAITS DU MAGAZINE DU MOIS
TOUS ENSEMBLE !
On en salive déjà... Certes, recevoir en juillet prochain l’Espagne de Nadal et Verdasco en quarts de finale, ce n’est pas un cadeau. Mais c’est une formidable opportunité pour l’équipe de France de réussir un coup d’éclat. Pour « mériter » ça, encore fallait-il ne pas rater la première marche. Mission accomplie, sans faute note. Au contraire.
C’est ce qu’on peut appeler un retour gagnant. Pour son premier match sur le sol français depuis trois ans, à Toulon, les Français n’ont laissé aucune chance à l’Allemagne (4-1).
Résultat d’autant plus logique que l’équipe allemande était privée de Tommy Haas. Mais résultat prometteur, acquis dès le double, avant le choc au sommet contre les doubles tenants du Saladier d’argent (9 au 11 juillet).
Première satisfaction : la victoire solide de Gaël Monfils, sa première en coupe Davis. Six mois après sa défaite à Maastricht face au modeste Thiemo de Bakker, c’est Gaël qui a marqué le point initial à la suite d’un match très convaincant face au (souvent) redoutable Philipp Kohlschreiber. Jo-Wilfried Tsonga a, « bien sûr », rempli sa part du contrat ensuite en remportant le deuxième simple face à Benjamin Becker. Sans montrer son meilleur niveau, ce qui dans un sens est rassurant.
L’autre grande satisfaction, c’est l’association réussie entre Michaël Llodra et Julien Benneteau, le nouveau venu, qui a apporté le point décisif.
Suite dans le n°407...

Tennis Magazine : Marcos, l’année 2010 a commencé très fort pour vous avec une victoire au tournoi de Sydney (1). Cette victoire, plus encore que celle à Stockholm en octobre dernier, a semblé vous procurer une grande émotion. Juste après la balle de match, vous sembliez ivre de joie…
M.B. : Oui. C’est un peu normal ! Démarrer une année en remportant un tournoi, c’est toujours très satisfaisant. Mais ça l’est d’autant plus pour moi après toutes les blessures que j’ai connues ces dernières années. Cela faisait deux ans que je n’étais pas bien, pas dans le rythme, que je me cherchais un peu. M’imposer à Stockholm à l’automne dernier a été un pas. Mais l’assumer derrière et confirmer en m’imposant dès le début d’année dans un tournoi comme celui de Sydney, c’était un pas bien plus important encore. Cela rassure et cela donne confiance. Je venais de remporter trois des quatre derniers tournois que j’avais disputés ! Même si, dans le lot, il y avait un Challenger, à Tashkent, c’était quelque chose de très positif. Alors, au moment de la balle de match, j’étais très content et même ému. Il ne faut pas oublier que l’été dernier, j’étais 151e mondial. Ça fait mal de se voir à ce classement-là. J’ai fait d’énormes efforts pour revenir. Je me suis beaucoup donné ces derniers temps, spécialement durant la saison hivernale. Je vois que ça paye et c’est un immense plaisir.
T.M. : C’est en Australie que vous étiez « né » il y a quatre ans (2), et c’est donc en Australie, en quelque sorte, que vous avez ressuscité. Faut-il y voir une coïncidence ou il se passe vraiment quelque chose de spécial pour vous dans ce pays ?
M.B. : Je ne suis pas d’accord. Ce n’est ni en Australie que je suis né, ni en Australie que suis revenu ! Je sais que vous, les journalistes, aimez bien ce genre de petite histoire. Mais le processus est beaucoup plus long que ça.
T.M. : Par rapport à votre finale à Melbourne en 2006, avez-vous le sentiment d’être aujourd’hui un autre homme, et un autre joueur ?
M.B. : Oui, tout à fait. Je suis beaucoup plus mature. J’ai compris beaucoup de choses, et je vois plus clair qu’avant. Maintenant, je sais ce que je veux. Je n’ai plus envie d’arrêter le tennis. J’ai plutôt envie d’arrêter ma carrière vers 33-34 ans. Je travaille pour ça. C’est un gros changement. J’ai un peu du mal à l’expliquer. J’ai retrouvé l’envie.
T.M. : Après cet exploit de 2006, tout le monde se disait que votre ascension allait être fulgurante, d’autant que vous aviez bien confirmé ensuite. Mais la suite n’a pas été si linéaire que ça, loin de là. Vous avez traversé beaucoup de difficultés, et notamment souffert d’innombrables blessures…
M.B. : La série noire des blessures a surtout commencé en 2008. A Indian Wells, j’ai eu une blessure à la cheville assez embêtante qui m’a mis sur la touche pendant deux mois et demi. C’était un os qui « sortait » et qui venait en contact avec le tendon. Ensuite, durant l’été, j’ai contracté une fracture de fatigue au poignet. J’ai raté les J.O. et l’US Open. J’ai repris à Metz et là, j’ai abandonné dès mon premier match contre Karlovic en raison de fortes douleurs au dos. Il s’agissait d’une hernie discale. Ça a été très difficile de revenir après une telle blessure. J’ai pas mal souffert en 2009 et au mois de juin, à ‘s-Hertogenbosch, bam ! Je me fais une entorse au genou. Là, j’ai eu vraiment très peur. Heureusement, la blessure était moins grave que ce que l’on craignait. Les ligaments n’étaient pas arrachés. J’ai pu revenir une nouvelle fois et désormais, tout va bien. J’espère que la série noire est terminée...
T.M. : Au-delà des blessures, avez-vous le sentiment d’avoir eu du mal à digérer cette découverte si rapide des sommets ?
M.B. (il réfléchit) : Pas plus que ça. J’ai eu des difficultés, oui. Mais tout le monde, à un moment donné, a des difficultés dans sa vie. On passe tous, forcément, par des phases où l’on se cherche, où l’on n’est pas très bien. Mais c’est nécessaire. Sans les doutes, vous n’allez nulle part. Celui qui ne doute pas n’avance pas. Si vous n’essayez pas de trouver des solutions aux problèmes, vous ne réussirez jamais. Et ça m’a pris deux ans pour trouver des réponses. Le processus n’est d’ailleurs peut-être pas terminé, on ne peut jamais être sûr de quoi que ce soit. Ce qui est sûr, c’est que j’ai appris beaucoup de ces deux ans écoulés. A moi, maintenant, de me servir de ce que j’ai appris pour pouvoir rester au plus haut niveau.
Suite dans le n°407...




