|
|
Entretien Gilles Simon
Tennis Magazine : L’actualité imminente, ce sont les Jeux Olympiques que vous vous apprêtez à disputer pour la première fois. Mais d’abord, revenons sur vos plus récents exploits : le succès à Indianapolis, et votre victoire sur le n°1 mondial Roger Federer à Toronto... Gilles Simon : J’ai vécu deux semaines assez inoubliables. Je suis évidemment content d’arriver à faire de tels résultats sur ces tournois-là. En arrivant à Indianapolis, je ne jouais pas forcément super bien. Mais je ne me mettais pas trop de pression non plus. J’ai commencé par gagner des matches juste en m’accrochant, sans jouer à un niveau incroyable. Petit à petit, les coups sont venus et avec la confiance, ça a fait un beau mélange. T.M. : Cela faisait un moment que vous tourniez autour d’un gros coup, vous sentiez que ça allait arriver ? G.S. : Ça faisait un petit moment que je me sentais bien, oui. Après, il fallait y arriver. Pourquoi ici, maintenant ? Je ne sais pas si c’est une coïncidence. J’ai eu une progression qui a toujours été régulière. C’est une nouvelle évolution dans cette progression, dans mon jeu. C’est aussi de nouvelles perspectives qui s’ouvrent. C’est intéressant. Ça montre que mes limites sont peut-être plus hautes que ça. T.M. : Gagner un quatrième tournoi ou battre le n°1 mondial, qu’est-ce qui représente le plus pour vous ? G.S. : (il réfléchit) Je dirais la victoire contre Federer, mais remise dans le contexte. D’abord parce qu’il y a la victoire en tournoi avant, et qu’en arrivant à Toronto, j’ai su de suite me remettre dans le bain parce qu’il y avait la possibilité d’affronter Federer. Et surtout parce que derrière, je vais en demi-finales. Si j’avais perdu juste après contre Acasuso, ça n’aurait pas été pareil. Là, je bats Acasuso, Cilic, et je fais quand même une belle demie malgré la défaite contre Kiefer. Tout ça fait que dans ma tête, je garde plus Toronto qu’Indianapolis. Malgré la déception finale, ça a été un tournoi où je me suis découvert des qualités, cette capacité à enchaîner les matches, à repousser mes limites. Mais le plus fort, c’est que j’ai ressenti plein de choses totalement nouvelles. Je commence pourtant à avoir l’habitude de jouer des gros matches, de gros tournois. Mais là, j’ai connu des émotions inédites, vraiment inoubliables. Cela restera l’un des gros temps forts de ma carrière. T. M. : Nous parlions donc des Jeux Olympiques : qu’est-ce que ça représente pour vous ? G. S. : C’est d’abord une belle expérience. On ne sait pas très bien ce que ça vaut sur le plan sportif par rapport à un Grand Chelem. C’est vrai que pour l’instant les meilleurs n’ont pas toujours eu envie de les jouer. Même si là, je crois que c’est un événement qui prend de l’importance parce que Federer et Nadal, justement, en ont fait un objectif. Pour moi, les Jeux, c’est quelque chose de mythique mais pas spécialement dans le tennis jusque-là. J’ai l’impression que les tournois du Grand Chelem ont plus de valeur. D’un autre côté, c’est une compétition que je ne voulais pas rater. C’était un objectif. J’avais envie d’y participer. Je pense que c’est un événement rare et d’avoir la possibilité de les vivre de l’intérieur, ça peut être quelque chose d’assez incroyable. J’avais vraiment envie d’être de la fête.
Suite dans le n°390...
Matches de légende !
 La dernière finale de Wimbledon entre Roger Federer et Rafael Nadal fut l’un des plus beaux matches de tous les temps. L’un des plus beaux, c’est une certitude… Le plus beau ? A Tennis Magazine, nous nous sommes posés la question. Où situer précisément ce chef d’œuvre parmi les autres « monuments » que la grande histoire du tennis n’a cessé d’écrire depuis toujours et particulièrement depuis que le jeu est « Open », en 1968 ? Cette hiérarchie « impossible », sinon dans l’imagination de chacun, nous avons donc tenté de la dessiner au sein de la rédaction. Nous vous livrons ici le « fruit » de notre débat, houleux comme vous pouvez l’imaginer, et le top 10 de nos plus grandes matches de l’ère Open, que nous avons établi en considérant que pour faire un grand match, au-delà même de la qualité du jeu, il faut avant tout une grande occasion (ce ne peut être qu’une finale de Grand Chelem), un grand scénario (cinq sets obligatoire !), de préférence entre grands joueurs (n°1 et 2 si possible…), et surtout un contexte bien à part, des enjeux particuliers qui ont, au final, transformé chacun de ces matches en parcelles d’anthologie. En considérant chacun de ces paramètres, nous avons attribué la première place au fameux Borg-McEnroe, finale de Wimbledon 1980. Pour nous, Federer-Nadal arrive « un poil » derrière, à la 2è place, Lendl-McEnroe (Roland Garros 1984) complétant ce podium de légende. Mais tout ça n’est bien sûr que notre avis. Et vous, qu’en pensez-vous ?
Suite dans le n°390... |
|